Cryonie

Des techniciens préparent un corps pour la cryoconservation, en 1985.

La cryonie ou cryogénisation (du grec κρύος kryos signifiant « froid ») est un procédé de cryoconservation (conservation à très basse température, typiquement −196 °C) de cadavres dans l'espoir que de futures avancées technologiques rendent possible de les ressusciter[1]. Elle pourrait permettre dans le cas d'un patient souffrant d'une maladie incurable avec les moyens médicaux actuels d'attendre qu'un traitement soit finalement développé dans un avenir lointain.

Actuellement, la réanimation d'un corps cryogénisé n'a toujours pas été accomplie[2]. Du fait de la toxicité des cryoconservateurs et de l'impossibilité de refroidir un corps entier à de telles températures sans sévèrement l'endommager, il n'est en effet actuellement pas possible de conserver plus de quelques cellules à de telles températures sans les endommager[3]. Cependant, les pratiquants de la cryonie (ou cryonistes) espèrent que les avancées médicales permettront un jour de faire revenir à la vie des personnes cryogénisées ; plusieurs stratégies ont actuellement été envisagées sans aucune garantie qu'elles puissent être mises en pratique dans le futur[4].

La cryonie est vue avec scepticisme par la communauté scientifique, et n'est pas reconnue par les autorités médicales. En effet, l'efficacité même du processus actuel de cryonie et la possibilité de son inversion, même en utilisant des technologies suffisamment avancées, est remise en cause. La cryonie reste une pratique spéculative[5].

Une partie de la théorie de la cryonie repose sur le concept de mort informationnelle, théorie selon laquelle ce qui fait l'individualité d'une personne est codée dans son cerveau et qu'il est possible de faire revivre un individu tant que la mort informationnelle n'est pas advenue[6]. Ce concept est différent de ceux reconnus par les autorités médicales, notablement la mort clinique et la mort légale.

Aux États-Unis, la cryonie ne peut être pratiquée qu'après la mort légale du patient, les individus cryonisés sont donc considérés comme légalement morts. Il est alors important pour les cryonistes que la cryonie soit effectuée peu de temps après la mort légale du patient[7].

En France, la cryogénisation est interdite[8].

  1. (en) Robin McKie, « Robin McKie: Cold facts about cryonics », sur the Guardian, (consulté le )
  2. (en) Elizabeth Day, « Dying is the last thing anyone wants to do – so keep cool and carry on », sur the Guardian, (consulté le )
  3. « La cryogénisation, de la science à la science-fiction », HuffPost Québec,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. (en-GB) « Frequently Asked Questions | Cryonics Institute », sur www.cryonics.org (consulté le )
  5. Brian Wowk, « The future of death », Journal of Critical Care, vol. 29, no 6,‎ , p. 1111–1113 (ISSN 1557-8615, PMID 25194588, DOI 10.1016/j.jcrc.2014.08.006, lire en ligne, consulté le )
  6. (en) R.C. Merkle, « The technical feasibility of cryonics », Medical Hypotheses, vol. 39, no 1,‎ , p. 6–16 (DOI 10.1016/0306-9877(92)90133-w, lire en ligne, consulté le )
  7. (en-GB) « Emergency Situations | Cryonics Institute », sur www.cryonics.org (consulté le )
  8. « Cryogénisation d’une adolescente britannique : en France, que dit la loi ? », sur TF1 INFO, (consulté le )

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